Il n'est pas question bien sûr de de refuser qu'une femme porte le voile dans la rue si elle le souhaite, mais de là à en faire un étendard militant dans une élection républicaine il y a plus qu'un pas : c'est une vraie rupture.

Remarquons d'abord qu'un(e) candidat(e) même s'il (elle) est choisi(e) sur un programme politique est censé(e), une fois élu(e)  représenter le peuple dans son ensemble. Comment est-ce possible si on arbore en permanence un signe ostensible qui vous rattache à une communauté particulière et qui, de ce fait, vous en fait apparaitre comme le représentant ?

Interrogeons nous ensuite sur une telle politique de la part du NPA, le parti d'Olivier Besancenot. On savait depuis un certain temps que l'extrême gauche ne plaçait pas l'émancipation des femmes et la laïcité en tête de ses principes. Pour preuve, son soutient non critique à des partis politiques du Moyen Orient, initialement nationalistes, mais devenus ensuite confessionnels au point de flirter avec l'intégrisme musulman et de confondre antisionisme et antisémitisme. Ici le NPA franchit un pas de plus : il ne s'agit plus de soutenir des peuples opprimés sans être trop regardant sur les moyens, il s'agit tout simplement de piétiner des principes républicains : la laïcité, la liberté de conscience, l'émancipation vis à vis de la pression religieuse ou communautaire. 

Pourquoi cette position ? J'y vois trois raisons contestables : pour mieux coller (racoler ?) à l'esprit supposé des quartiers et s'y implanter, pour prendre le contrepied de l'islamophobie de certains représentants du pouvoir Sarkozyste ("les ennemis de mes ennemis sont mes amis"), pour mieux se démarquer des partis traditionnels. 

Heureusement les autres partis, y compris très à gauche, ne font pas la même analyse : la position de Jean-Luc Mélanchon dans son interview sur le site de Marianne 2 en témoigne. On lira aussi l'analyse de Caroline Fourest intitulée : "Le NPA Nouveau Parti Antiféministe ?" dans Le Monde du 6 février, toujours aussi pertinente. Une analyse à laquelle je m'associe pleinement.