Aujourd'hui 1er Décembre se déroule la Journée Mondiale de lutte contre le SIda.

Au niveau national, le Sidaction est une association qui cherche à collecter des fonds pour la recherche sur le sida, comme le Téléthon en collecte pour la lutte contre les myopathies. On comprend l'utilité de telles associations en ce qu'elles mobilisent l'opinion en faveur de grandes causes de santé publique et collectent des dons personnels qui devraient venir compléter les moyens de la recherche financée par l'état.

Or la situation actuelle devient perverse dans la mesure où souvent les dons récoltés constituent le support principal de la recherche sur une maladie. Ainsi le Téléthon justifie l'importance des dons qu'il doit collecter par le fait - entre autres - que l'existence même de certains laboratoires ne tient qu'à ces dons. Ainsi ce ne sont plus les pouvoirs publics qui arbitrent les moyens alloués à la recherche médicale, ce sont des associations caritatives, représentant chacune une maladie, qui le font en fonction de leur capacité à capter la générosité du public par leur habileté médiatique.

Il ne faut plus s'étonner dans ces conditions que la concurrence s'installe et que se tiennent des propos comme ceux de Pierre Berger, dénonçant le déséquilibre entre les dons pour le sida et ceux pour les myopathies. Ces propos peuvent choquer dans leur forme, ils restent, à mon sens, justifiés sur le fond. En effet, est-il normal que les moyens alloués à la recherche sur telle ou telle maladie dépendent essentiellement de stratégies d'associations, fussent-elles reconnues d'utilité publique ?

Une bonne gouvernance supposerait que chacun remplisse son rôle à sa place. l'État, aujourd'hui défaillant, devrait remettre les moyens qu'il faut pour soutenir efficacement une politique de santé publique raisonnée, indépendante des lobbies commerciaux et des pressions diverses. Les associations, quant à elles, seraient plus dans leur rôle en accompagnant les malades et en aidant au développement des recherches par un financement qui ne devrait être qu'un "plus" ciblé par rapport au financement public.