Vaccination contre le virus H1N1, un exemple de mise en oeuvre des méthodes "bonapartistes" de Nicolas Sarkozy
Par SC le mardi 17 novembre 2009, 09:29 - Politique et Société - Lien permanent
Nous dénoncions dans un article précédant la dérive "bonapartiste" de la Présidence de Nicolas Sarkozy. La méthode instaurée pour la campagne de vaccination contre la grippe "A" en est un exemple.
Alors que la dangerosité du virus semble assez limitée en dépit de quelques cas graves, le pouvoir a choisi de contourner délibérément les médecins généralistes qui constituent le lien naturel avec la population en matière de santé. Même si une incitation à la vaccination massive est défendable au regard des recommandations internationales, comment interpréter la mise en place d'un dispositif d'exception qui n'aurait sa justification que dans le cas d'une crise sanitaire majeure, sinon par un manque de confiance évident dans le sérieux et l'engagement des médecins généralistes ?
Comme souvent, le Président et son gouvernement préfèrent agir directement de manière autoritaire (réquisition de médecins sur les lieux de vaccination) et centralisée (nécessité de se rendre dans un centre de vaccination parfois assez éloigné) plutôt que de faire confiance aux professionnels compétents déjà sur le terrain. Chacun comprend pourtant combien cette méthode est contre productive : elle ne peut que renforcer l'inquiétude de la population à propos des risques du vaccin, en la privant du conseil de son médecin traitant, délibérément écarté de la procédure de vaccination.
Par ailleurs, apparaissent inévitablement les aberrations d'une telle centralisation administrative; pour preuve le témoignage sur une chaine TV d'un jeune père n'ayant pas été autorisé à se faire vacciner parce qu'il n'avait pas reçu sa convocation, tandis que sa femme devait le faire en tant que prioritaire comme maman de leur bébé, et cela dans un centre de vaccination quasi désert.
Toutes proportions gardées de telles méthodes rappellent en fait les dérives tant dénoncées du défunt système soviétique dont l'idéologie parait pourtant aux antipodes d'un gouvernement de droite qui défend avec force le libéralisme économique.
En fait, c'est cela le "bonapartisme" : liberté maximum dans la sphère économique et financière, autoritarisme et contrôle renforcé dans la sphère publique et citoyenne.
Commentaires
Ca me gonfle déjà à l'idée d'aller je ne sais où faire vacciner ma famille alors que mon médecin est à moins de 5 minutes de chez moi, et de devoir respecter un horaire imposé pas forcément pratique, alors qu'on a des créneaux de libre pour toute la famille. Un nombre impressionnant de scolaires et associations de gym, ou autres, sont privés de leur lieu de pratiques portive ou autre. J'ai autour de moi des gens qui croient les rumeurs les plus folles alors que leur médecin pourraient les rassurer. Les moyens engagés financièrement pour mettre en place tout çà doivent être colossaux, ils auraient sans doute pu être utlisés à d'autres fins utiles (ne serait-ce que pour la santé, la recherche a besoin d'argent!) Bref, je te rejoins dans l'idée que à trop vouloir bien faire, il semble y avoir eut un gros plantage sur ce coup là.