La chute du mur de Berlin : la liberté au prix de l'égalité
Par SC le lundi 9 novembre 2009, 00:01 - Politique et Société - Lien permanent
Ce jour du 9 Novembre, peu avant minuit, il y a tout juste 20 ans, un des points de passage entre l'est et l'ouest de Berlin s'ouvrait, laissant passer des milliers d'Allemands de l'est en quête de liberté. Dès le lendemain la destruction physique du mur commençait et la réunification allemande se mettait en route.
Cet évènement historique n'était en fait que la conséquence de l'effondrement de l'Empire Soviétique au cours duquel la clairvoyance de Michael Gorbatchev permettait de limiter au maximum les dégâts humains qui risquaient d'en découler.
Rares étaient ceux qui avaient prévu l'effondrement si soudain de l'URSS, on citera surtout Emmanuel Todd ("La Chute finale" publié en 1976) et, avec une vision différente qui ne s'est pas vérifiée, Hélène Carrère d'Encausse ("L'Empire Éclaté" publié en 1978).
Plus rares encore sont ceux qui imaginaient les conséquences de ce bouleversement. Loin de signer la "Fin de l'Histoire" comme le pensait Francis Fukuyama, la disparition du pouvoir Soviétique allait permettre la fragmentation des pays unifiés artificiellement par le communisme (Yougoslavie, Albanie), l'arrivée des pays d'Europe de l'est dans l'Union Européenne et l'accès à une indépendance plus ou moins réelle et chaotique des anciennes républiques de l'URSS (Ukraine, Géorgie, Azerbaïdjan, etc.)
Cet situation nouvelle allait aussi permettre au capitalisme financier de se développer sans limite, avec pour conséquence la crise que l'on connait et l'accroissement énorme des inégalités. Aujourd'hui, en Allemagne, des manifestations récentes (à Berlin même !) demandent un retour au communisme, sous une autre forme il est vrai.
Certains pensent que la chute du mur a obligé les Allemands de l'est à passer d'une mentalité d'enfants assistés à une mentalité d'adultes responsables de leur vie, avec toutes les difficultés que cela implique. On peut aussi penser qu'ils ont troqué une certaine égalité des conditions sociales (qui existait pour une grande partie la population, la "Nomenclatura" communiste mise à part) contre la liberté. Comme tous les peuples, ils aspirent à avoir les deux à la fois (n'est-ce pas notre devise nationale, avec la fraternité en prime ?).
Le chemin est encore long avant que notre devise républicaine "Liberté, Égalité, Fraternité" ne devienne une réalité universelle.
Commentaires
Liberté Egalité.....et Fraternité.
Pour moi la Fraternité est difficile à inclure dans une devise d'Etat. Quel que soit le régime du pays dans lequel on vit je pense que la Fraternité est une affaire de chacun dans la vie de tous les jours. C'est le coeur qui doit parler et primer sur les soucis de son porte-monnaie et de son petit bien être personnel.
La Fraternité au niveau d'un Etat est trop assujettie à l'économie et aux problèmes de politique polititienne pour être vraiment efficace, quand bien même il y en aurait la volonté.