Quand l'Europe défend la laïcité en Italie
Par SC le jeudi 5 novembre 2009, 08:03 - Politique et Société - Lien permanent
La Cour européenne des Droits de l'Homme de Strasbourg vient de donner raison à une mère d'élève qui avait porté plainte en Italie contre la présence d'un crucifix dans la classe de son fils dans une école primaire publique.
Ce maintient des crucifix dans les classes des écoles publiques, largement répandu en Italie, est soutenu par le gouvernement qui la qualifie de tradition conforme à l'identité italienne. Le tribunal administratif et le conseil d'état italiens ont suivi l'avis du gouvernement et débouté la plaignante. Néanmoins, la Cour européenne ne s'est pas laissé abuser par ces supposées traditions et s'est placé sur le plan des principes. Elle reconnait que le crucifix est un symbole religieux catholique explicite et que sa présence dans une école publique, donc ouverte aux enfants de toutes sensibilités religieuses ou athées, est une atteinte à leur liberté de conscience. En d'autres termes, elle ne respecte pas la neutralité de l'espace public.
Ainsi, au nom du droit à l'instruction et de la liberté de de pensée, de conscience et de religion inscrits dans la convention européenne, la Cour européenne défend tout simplement le principe que nous appelons en France laïcité.
Le gouvernement italien a décidé de faire appel. Espérons que la Cour européenne qui a décidé à l'unanimité en première instance restera ferme sur ses positions.
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Commentaires
L'identité culturelle est forte dans tous pays, laïques ou pas. Elle est encore plus forte quand elle touche au "sacré" pour certaines et nombreuses personnes. Cela aussi il faut le tolèrer...
"Sur le domaine public" et dans notre pays et bien d'autres encore foisonnent des croix chrétiennes, des calvaires, des oratoires, des statues de la vierge en remerciement d'avoir été épargnés pendant les guerres etc... Cela ne me semble pas être une offense à celles et ceux qui ne croient en rien ou différemment, si ce n'est simplement du respect pour ceux qui croient et qui ont pu de par les lois et la tolèrance de leur pays extérioriser et exposer cela à un moment donné.
Commentaire sur le commentaire de Bob : je suis tout à fait d'accord en ce qui concerne les monuments et œuvres d'art, y compris sur le domaine public. Cela fait partie de la culture et il n'est pas question de faire "du passé table rase". Mais ici la question est différente : il s'agit de l'intérieur de l'école, un lieu où l'on doit préparer les jeunes consciences à faire des choix responsables et éclairés. Un lieu où il est normal de leur parler de l'existence des religions et de l'athéisme (c'est l'enseignement du "fait religieux"), mais un lieu où l'on ne doit pas leur imposer comme un fait acquis l'appartenance à une religion particulière par la présence permanente dans la classe d'un symbole qui n'est pas neutre.