Le blog de Serge Chaudourne

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Politique et Société

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mardi 6 juillet 2010

Education ou Restauration, il faut choisir !

En ces temps de crise, l'édito du Monde daté du 1er Juillet faisait remarquer que la baisse de la TVA dans la restauration (avec le succès que l'on sait en termes d'emploi et de baisse des prix) coûtait à l'État presque 3 Milliards d'euros ! C'est aussi le montant de l'économie qui sera réalisée par la suppression de 100000 fonctionnaires dont environ 17000 postes d'enseignants.

Plutôt payer les restaurateurs que les professeurs, voilà qui en dit long sur l'esprit d'une politique !

dimanche 13 juin 2010

Soumission ou démission

Dans un précédent billet, nous évoquions deux personnalités de droite qui par leur qualité et leur attachement à la République nous incitaient à ne pas tomber dans le manichéisme partisan où tout serait bon d'un côté et tout serait mauvais de l'autre.

Notre Président de la République n'a pas la même conception. Avec lui, même pour les hauts responsables, ce n'est pas tant la couleur politique ni la qualité des personnes qui compte, mais plutôt leur aptitude à se comporter en serviteur zélé qui applique sans discuter ses décisions. 

Ainsi, nos deux personnalités précédemment citées viennent d'en faire l'amère expérience :

  • Jeannette Bougrab, récemment nommée présidente de la HALDE, vient de voir son organisme rattaché au Défenseur des Droits. La HALDE perd ainsi son autonomie et sa présidente, à peine nommée, perd son autorité et son immunité (seul le Défenseur des Droits est désormais irrévocable pour 5 ans comme l'était avant le président de la HALDE). On pourra voir ce qu'en pense l'intéressée - scandalisée par la méthode - dans un récent interview publié par journal Le Monde du 3 Juin dernier

  • Jean-Christophe Rufin, quant à lui, avait eu le tort d'indiquer dans une note - pourtant confidentielle - que l'aide au Sénégal devrait être conditionnée à la lutte contre la corruption et le népotisme dans ce pays. Il vient d'être relevé de ses fonctions d'ambassadeur grâce aux relais efficaces dont bénéficie le président Wade dans l'entourage de l'Élysée (voir là aussi l'article dans Le Monde du 12 Juin)
Il apparait ainsi chaque jour un peu plus que Nicolas Sarkozy s'emploie à détruire systématiquement tous les contre-pouvoirs et les autorités indépendantes qui sont pourtant vitaux pour la santé et l'équilibre d'une démocratie moderne.

lundi 24 mai 2010

Un peu de politique !

Comme on le sait, Didier Migaud, député de la 4ème circonscription de l'Isère a été nommé Premier Président de la Cour des Comptes et doit donc laisser sa place de député. Comme on le sait peut-être moins, dans un tel cas ce n'est pas le ou la suppléant(e) qui prend automatiquement la place. Une nouvelle élection est donc nécessaire. Les électeurs de cette circonscription, dont je fais partie, devront donc se rendre aux urnes les 30 Mai et 6 Juin prochains. Même s'il s'agit d'une élection partielle peu médiatisée, le premier devoir de chaque citoyen est de s'exprimer par son vote. Ne boudons donc pas cette élection et, même s'il fait beau, passons au bureau de vote avant de partir en ballade...

Pour ma part, je considère que Didier Migaud a très bien travaillé en tant que député. Il avait pour suppléante Marie-Noëlle Battistel qui, très naturellement, se présente à nos suffrages en remplacement de Didier Migaud, avec Michel Baffert pour suppléant (Michel Baffert est le successeur de Didier Migaud en tant que Maire de Seyssins). Marie-Noëlle Battistel me parait la mieux placée pour travailler à l'Assemblé dans la continuité de Didier Migaud, et c'est pourquoi, en plein accord avec mon parti - le PRG - je soutiens sa candidature.

vendredi 7 mai 2010

Loi sur le voile intégral (Niqab, Burqa) : où en sommes nous ?

Quelques remarques d'actualité sur ce sujet qui avait fait l'objet d'un billet précédent.

  • La proposition antilaïque de la commission parlementaire présidée par André Gerin d'autoriser le financement public des édifices religieux ne semble pas avoir rencontré d'échos. Nous pouvons nous en réjouir mais nous devons rester vigilants.

  • L'élaboration d'une loi claire sur le sujet me semble utile. Même si l'arsenal réglementaire est utilisable pour contenir les dérives et les provocations, une loi renforcerait le pouvoir des fonctionnaires chargés de faire appliquer les règles, elle unifierait les réactions en laissant moins de place à l'appréciation individuelle, elle limiterait les dérives polémiques comme on vient de le voir sur l'affaire de la femme conduisant avec un voile intégral. La problématique est un peu semblable à celle du port des signes religieux ostensibles à l'école pour laquelle le choix d'une loi s'est révélé positif.

  • Mais il ne faut pas faire n'importe quelle loi. D'abord, pour plus de force, le consensus entre toutes les forces laïques par delà les clivages droite-gauche doit être recherché. En choisissant la procédure accélérée au parlement, le gouvernement ne va pas dans cette voie. Ensuite la loi doit être solide juridiquement, rien ne serait pire qu'une loi mal ficelée censurée par le Conseil Constitutionnel ou la Cours Européenne des Droits de l'Homme. Là encore le projet du gouvernement d'une interdiction totale en tous lieux sur des bases juridiques fragiles et en dépit de l'avertissement du Conseil d'État a de quoi faire peur.
En conclusion, tout se passe comme si le gouvernement, sous la pression du Président de la République, cherchait, par une attitude populiste, à se refaire une santé auprès de l'électorat d'extrême droite, plutôt qu'à œuvrer avec fermeté et lucidité à maintenir les valeurs Républicaines du "vivre ensemble".

dimanche 18 avril 2010

Politique et humanisme

"Vous n'avez pas le monopole du cœur !", s'exclamait Valérie Giscard d'Estaing le 10 Mai 1974 à la télévision face à François Mitterrand au cours d'un débat entre les deux tours de l'élection présidentielle.

Cette répartie devenue célèbre m'est revenue à l'esprit en écoutant ce midi sur France 2, deux personnalités classées à droite : Jeannette Bougrab, docteur en droit public, juriste au conseil constitutionnel, maître de conférence à la Sorbonne qui vient d'être nommée présidente de la HALDE et Jean Christophe Rufin, médecin, humanitaire, romancier (membre de l'Académie Française) et diplomate (aujourd'hui ambassadeur de France au Sénégal).

Par leur attachement aux valeurs de la République, à l'humanisme et au respect de la diversité, ils nous montrent que le clivage Droite / Gauche n'est pas toujours aussi binaire et simple qu'on le croit parfois.

mardi 23 février 2010

Proclamer la laïcité serait-il devenu discriminatoire ?

Philippe Lebreton maire de Joué-lès-Tours a ajouté le terme "Laïcité" à la devise "Liberté Égalité Fraternité" inscrite sur le fronton de l'Hôtel de Ville. Aussitôt le Préfet lui fait savoir que ce n'est pas réglementaire et des associations cultuelles crient à la discrimination !

Rappelons ce qui devrait constituer des évidences pour tous les citoyens Français mais qui semble oublié aujourd'hui :

  1. Le préambule de notre constitution précise dans son article premier : " La France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale"

  2. La laïcité n'est aucunement antireligieuse. Elle ne fait que garantir la liberté de conscience en assurant la neutralité de l'État en matière religieuse par l'interdiction du financement public des cultes quels qu'ils soient. La laïcité respecte toutes les croyances pourvu qu'elles s'expriment dans un cadre privé (c'est-à-dire hors des instances républicaines) et qu'elles respectent l'ordre public (voir mon article sur la laïcité)
Que le fait de proclamer la laïcité sur le fronton d'un édifice public puisse faire débat en dit long sur le travail citoyen qu'il reste à faire.

Souvenons nous que la laïcité est le seul moyen de faire vivre ensemble pacifiquement les croyants de toutes religions et les non croyants.

Soutenons le maire Joué-lès-Tours dans sa courageuse démarche !

samedi 6 février 2010

En présentant une femme voilée aux régionales, le NPA dévoile son vrai visage

Il n'est pas question bien sûr de de refuser qu'une femme porte le voile dans la rue si elle le souhaite, mais de là à en faire un étendard militant dans une élection républicaine il y a plus qu'un pas : c'est une vraie rupture.

Remarquons d'abord qu'un(e) candidat(e) même s'il (elle) est choisi(e) sur un programme politique est censé(e), une fois élu(e)  représenter le peuple dans son ensemble. Comment est-ce possible si on arbore en permanence un signe ostensible qui vous rattache à une communauté particulière et qui, de ce fait, vous en fait apparaitre comme le représentant ?

Interrogeons nous ensuite sur une telle politique de la part du NPA, le parti d'Olivier Besancenot. On savait depuis un certain temps que l'extrême gauche ne plaçait pas l'émancipation des femmes et la laïcité en tête de ses principes. Pour preuve, son soutient non critique à des partis politiques du Moyen Orient, initialement nationalistes, mais devenus ensuite confessionnels au point de flirter avec l'intégrisme musulman et de confondre antisionisme et antisémitisme. Ici le NPA franchit un pas de plus : il ne s'agit plus de soutenir des peuples opprimés sans être trop regardant sur les moyens, il s'agit tout simplement de piétiner des principes républicains : la laïcité, la liberté de conscience, l'émancipation vis à vis de la pression religieuse ou communautaire. 

Pourquoi cette position ? J'y vois trois raisons contestables : pour mieux coller (racoler ?) à l'esprit supposé des quartiers et s'y implanter, pour prendre le contrepied de l'islamophobie de certains représentants du pouvoir Sarkozyste ("les ennemis de mes ennemis sont mes amis"), pour mieux se démarquer des partis traditionnels. 

Heureusement les autres partis, y compris très à gauche, ne font pas la même analyse : la position de Jean-Luc Mélanchon dans son interview sur le site de Marianne 2 en témoigne. On lira aussi l'analyse de Caroline Fourest intitulée : "Le NPA Nouveau Parti Antiféministe ?" dans Le Monde du 6 février, toujours aussi pertinente. Une analyse à laquelle je m'associe pleinement.

jeudi 28 janvier 2010

Faut-il interdire le voile intégral ?


A travers le port du voile intégral, les extrémistes (musulmans dans ce cas, mais il n'y a pas qu'eux) reposent le problème philosophique bien connu : faut-il interdire la liberté aux ennemis de la liberté ?. 

La méthode de provocation est classique et maintenant bien rodée, elle peut devenir le talon d'Achille des démocraties censées être perdantes à tous les coups : interdire c'est restreindre la liberté et donc renier ses principes, laisser faire c'est ouvrir la porte à l'escalade qui conduit à tolérer l'intolérable et finalement à renier les valeurs humanistes qui sous tendent les sociétés démocratiques.

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mercredi 9 décembre 2009

Anniversaire de la loi de sparation des Églises et de l'État de 1905

Aujourd'hui 9 décembre nous sommes le jour anniversaire de la loi de 1905 qui promulguait la séparation des Églises et de l'État. Cette loi affirme dans son article premier : "La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées dans l'intérêt de l'ordre public" et dans son article II : "La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte". Ces deux phrases claires et concises établissaient les bases de la laïcité en France.

La laïcité est la meilleure base qu'une société culturellement diversifiée puisse se donner pour assurer une vie collective harmonieuse. Elle nous préserve des replis communautaires qui divisent et elle assure la liberté de chacun. Après que le président de la République ait tenu il y a quelques mois des propos contraires à la laïcité, au moment où un débat douteux sur l'identité nationale est lancé, au moment où des créationnistes voudraient imposer leurs vues dans l'enseignement, au moment où tous les intégrismes se déchainent, défendons la laïcité élément fondateur de notre pacte républicain.

mardi 1 décembre 2009

Journée Mondiale de lutte contre le SIDA, les limites des appels à la générosité privée

Aujourd'hui 1er Décembre se déroule la Journée Mondiale de lutte contre le SIda.

Au niveau national, le Sidaction est une association qui cherche à collecter des fonds pour la recherche sur le sida, comme le Téléthon en collecte pour la lutte contre les myopathies. On comprend l'utilité de telles associations en ce qu'elles mobilisent l'opinion en faveur de grandes causes de santé publique et collectent des dons personnels qui devraient venir compléter les moyens de la recherche financée par l'état.

Or la situation actuelle devient perverse dans la mesure où souvent les dons récoltés constituent le support principal de la recherche sur une maladie. Ainsi le Téléthon justifie l'importance des dons qu'il doit collecter par le fait - entre autres - que l'existence même de certains laboratoires ne tient qu'à ces dons. Ainsi ce ne sont plus les pouvoirs publics qui arbitrent les moyens alloués à la recherche médicale, ce sont des associations caritatives, représentant chacune une maladie, qui le font en fonction de leur capacité à capter la générosité du public par leur habileté médiatique.

Il ne faut plus s'étonner dans ces conditions que la concurrence s'installe et que se tiennent des propos comme ceux de Pierre Berger, dénonçant le déséquilibre entre les dons pour le sida et ceux pour les myopathies. Ces propos peuvent choquer dans leur forme, ils restent, à mon sens, justifiés sur le fond. En effet, est-il normal que les moyens alloués à la recherche sur telle ou telle maladie dépendent essentiellement de stratégies d'associations, fussent-elles reconnues d'utilité publique ?

Une bonne gouvernance supposerait que chacun remplisse son rôle à sa place. l'État, aujourd'hui défaillant, devrait remettre les moyens qu'il faut pour soutenir efficacement une politique de santé publique raisonnée, indépendante des lobbies commerciaux et des pressions diverses. Les associations, quant à elles, seraient plus dans leur rôle en accompagnant les malades et en aidant au développement des recherches par un financement qui ne devrait être qu'un "plus" ciblé par rapport au financement public.

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