Le blog de Serge Chaudourne

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samedi 6 février 2010

En présentant une femme voilée aux régionales, le NPA dévoile son vrai visage

Il n'est pas question bien sûr de de refuser qu'une femme porte le voile dans la rue si elle le souhaite, mais de là à en faire un étendard militant dans une élection républicaine il y a plus qu'un pas : c'est une vraie rupture.

Remarquons d'abord qu'un(e) candidat(e) même s'il (elle) est choisi(e) sur un programme politique est censé(e), une fois élu(e)  représenter le peuple dans son ensemble. Comment est-ce possible si on arbore en permanence un signe ostensible qui vous rattache à une communauté particulière et qui, de ce fait, vous en fait apparaitre comme le représentant ?

Interrogeons nous ensuite sur une telle politique de la part du NPA, le parti d'Olivier Besancenot. On savait depuis un certain temps que l'extrême gauche ne plaçait pas l'émancipation des femmes et la laïcité en tête de ses principes. Pour preuve, son soutient non critique à des partis politiques du Moyen Orient, initialement nationalistes, mais devenus ensuite confessionnels au point de flirter avec l'intégrisme musulman et de confondre antisionisme et antisémitisme. Ici le NPA franchit un pas de plus : il ne s'agit plus de soutenir des peuples opprimés sans être trop regardant sur les moyens, il s'agit tout simplement de piétiner des principes républicains : la laïcité, la liberté de conscience, l'émancipation vis à vis de la pression religieuse ou communautaire. 

Pourquoi cette position ? J'y vois trois raisons contestables : pour mieux coller (racoler ?) à l'esprit supposé des quartiers et s'y implanter, pour prendre le contrepied de l'islamophobie de certains représentants du pouvoir Sarkozyste ("les ennemis de mes ennemis sont mes amis"), pour mieux se démarquer des partis traditionnels. 

Heureusement les autres partis, y compris très à gauche, ne font pas la même analyse : la position de Jean-Luc Mélanchon dans son interview sur le site de Marianne 2 en témoigne. On lira aussi l'analyse de Caroline Fourest intitulée : "Le NPA Nouveau Parti Antiféministe ?" dans Le Monde du 6 février, toujours aussi pertinente. Une analyse à laquelle je m'associe pleinement.

jeudi 28 janvier 2010

Faut-il interdire le voile intégral ?


A travers le port du voile intégral, les extrémistes (musulmans dans ce cas, mais il n'y a pas qu'eux) reposent le problème philosophique bien connu : faut-il interdire la liberté aux ennemis de la liberté ?. 

La méthode de provocation est classique et maintenant bien rodée, elle peut devenir le talon d'Achille des démocraties censées être perdantes à tous les coups : interdire c'est restreindre la liberté et donc renier ses principes, laisser faire c'est ouvrir la porte à l'escalade qui conduit à tolérer l'intolérable et finalement à renier les valeurs humanistes qui sous tendent les sociétés démocratiques.

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lundi 4 janvier 2010

Anaximandre de Milet ou la naissance de la pensée scientifique par Carlo Rovelli

Pour ce début d'année, je vous propose un livre facile à lire et qui fait réfléchir. Cet ouvrage est écrit par un physicien qui se penche sur un la vie et l'œuvre d'Anaximandre de Milet, un grand savant du VIème siècle avant JC et en tire des enseignements pertinents pour notre société aujourd'hui. Une lecture enrichissante et simple qui nous apporte des armes pour combattre les dogmatismes qui perdurent ou ressurgissent là où on les croyaient vaincus.

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dimanche 27 décembre 2009

Bonne année 2010

Malgré la crise,

Malgré le débat sur l'identité nationale,

Malgré l'échec de Copenhague,

Je vous souhaite une excellente année 2010 !


















Pierrot vers les étoiles du blog "Pensées en image"

mercredi 9 décembre 2009

Anniversaire de la loi de sparation des Églises et de l'État de 1905

Aujourd'hui 9 décembre nous sommes le jour anniversaire de la loi de 1905 qui promulguait la séparation des Églises et de l'État. Cette loi affirme dans son article premier : "La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées dans l'intérêt de l'ordre public" et dans son article II : "La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte". Ces deux phrases claires et concises établissaient les bases de la laïcité en France.

La laïcité est la meilleure base qu'une société culturellement diversifiée puisse se donner pour assurer une vie collective harmonieuse. Elle nous préserve des replis communautaires qui divisent et elle assure la liberté de chacun. Après que le président de la République ait tenu il y a quelques mois des propos contraires à la laïcité, au moment où un débat douteux sur l'identité nationale est lancé, au moment où des créationnistes voudraient imposer leurs vues dans l'enseignement, au moment où tous les intégrismes se déchainent, défendons la laïcité élément fondateur de notre pacte républicain.

mardi 1 décembre 2009

Giordano Bruno toujours d'actualité

L'association Sauvons la Recherche attire notre attention sur une pièce qui rend hommage à Giordano Bruno.

Voir aussi pour plus de détails mon texte sur ce visionnaire génial martyrisé par l'Église Catholique.

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Journée Mondiale de lutte contre le SIDA, les limites des appels à la générosité privée

Aujourd'hui 1er Décembre se déroule la Journée Mondiale de lutte contre le SIda.

Au niveau national, le Sidaction est une association qui cherche à collecter des fonds pour la recherche sur le sida, comme le Téléthon en collecte pour la lutte contre les myopathies. On comprend l'utilité de telles associations en ce qu'elles mobilisent l'opinion en faveur de grandes causes de santé publique et collectent des dons personnels qui devraient venir compléter les moyens de la recherche financée par l'état.

Or la situation actuelle devient perverse dans la mesure où souvent les dons récoltés constituent le support principal de la recherche sur une maladie. Ainsi le Téléthon justifie l'importance des dons qu'il doit collecter par le fait - entre autres - que l'existence même de certains laboratoires ne tient qu'à ces dons. Ainsi ce ne sont plus les pouvoirs publics qui arbitrent les moyens alloués à la recherche médicale, ce sont des associations caritatives, représentant chacune une maladie, qui le font en fonction de leur capacité à capter la générosité du public par leur habileté médiatique.

Il ne faut plus s'étonner dans ces conditions que la concurrence s'installe et que se tiennent des propos comme ceux de Pierre Berger, dénonçant le déséquilibre entre les dons pour le sida et ceux pour les myopathies. Ces propos peuvent choquer dans leur forme, ils restent, à mon sens, justifiés sur le fond. En effet, est-il normal que les moyens alloués à la recherche sur telle ou telle maladie dépendent essentiellement de stratégies d'associations, fussent-elles reconnues d'utilité publique ?

Une bonne gouvernance supposerait que chacun remplisse son rôle à sa place. l'État, aujourd'hui défaillant, devrait remettre les moyens qu'il faut pour soutenir efficacement une politique de santé publique raisonnée, indépendante des lobbies commerciaux et des pressions diverses. Les associations, quant à elles, seraient plus dans leur rôle en accompagnant les malades et en aidant au développement des recherches par un financement qui ne devrait être qu'un "plus" ciblé par rapport au financement public.

mardi 17 novembre 2009

Vaccination contre le virus H1N1, un exemple de mise en oeuvre des méthodes "bonapartistes" de Nicolas Sarkozy

Nous dénoncions dans un article précédant la dérive "bonapartiste" de la Présidence de Nicolas Sarkozy. La méthode instaurée pour la campagne de vaccination contre la grippe "A" en est un exemple.

Alors que la dangerosité du virus semble assez limitée en dépit de quelques cas graves, le pouvoir a choisi de contourner délibérément les médecins généralistes qui constituent le lien naturel avec la population en matière de santé. Même si une incitation à la vaccination massive est défendable au regard des recommandations internationales, comment interpréter la mise en place d'un dispositif d'exception qui n'aurait sa justification que dans le cas d'une crise sanitaire majeure, sinon par un manque de confiance évident dans le sérieux et l'engagement des médecins généralistes ?

Comme souvent, le Président et son gouvernement préfèrent agir directement de manière autoritaire (réquisition de médecins sur les lieux de vaccination) et centralisée (nécessité de se rendre dans un centre de vaccination parfois assez éloigné) plutôt que de faire confiance aux professionnels compétents déjà sur le terrain. Chacun comprend pourtant combien cette méthode est contre productive : elle ne peut que renforcer l'inquiétude de la population à propos des risques du vaccin, en la privant du conseil de son médecin traitant, délibérément écarté de la procédure de vaccination.

Par ailleurs, apparaissent inévitablement les aberrations d'une telle centralisation administrative; pour preuve le témoignage sur une chaine TV d'un jeune père n'ayant pas été autorisé à se faire vacciner parce qu'il n'avait pas reçu sa convocation, tandis que sa femme devait le faire en tant que prioritaire comme maman de leur bébé, et cela dans un centre de vaccination quasi désert.

Toutes proportions gardées de telles méthodes rappellent en fait les dérives tant dénoncées du défunt système soviétique dont l'idéologie parait pourtant aux antipodes d'un gouvernement de droite qui défend avec force le libéralisme économique.

En fait, c'est cela le "bonapartisme" : liberté maximum dans la sphère économique et financière, autoritarisme et contrôle renforcé dans la sphère publique et citoyenne.

Photo AFP Bertrand Guay

lundi 9 novembre 2009

La chute du mur de Berlin : la liberté au prix de l'égalité

Ce jour du 9 Novembre, peu avant minuit, il y a tout juste 20 ans, un des points de passage entre l'est et l'ouest de Berlin s'ouvrait, laissant passer des milliers d'Allemands de l'est en quête de liberté. Dès le lendemain la destruction physique du mur commençait et la réunification allemande se mettait en route.

Cet évènement historique n'était en fait que la conséquence de l'effondrement de l'Empire Soviétique au cours duquel la clairvoyance de Michael Gorbatchev permettait de limiter au maximum les dégâts humains qui risquaient d'en découler.

Rares étaient ceux qui avaient prévu l'effondrement si soudain de l'URSS, on citera surtout Emmanuel Todd ("La Chute finale" publié en 1976) et, avec une vision différente qui ne s'est pas vérifiée, Hélène Carrère d'Encausse ("L'Empire Éclaté" publié en 1978).

Plus rares encore sont ceux qui imaginaient les conséquences de ce bouleversement. Loin de signer la "Fin de l'Histoire" comme le pensait  Francis Fukuyama, la disparition du pouvoir Soviétique allait permettre la fragmentation des pays unifiés artificiellement par le communisme (Yougoslavie, Albanie), l'arrivée des pays d'Europe de l'est dans l'Union Européenne et l'accès à une indépendance plus ou moins réelle et chaotique des anciennes républiques de l'URSS (Ukraine, Géorgie, Azerbaïdjan, etc.)

Cet situation nouvelle allait aussi permettre au capitalisme financier de se développer sans limite, avec pour conséquence la crise que l'on connait et l'accroissement énorme des inégalités. Aujourd'hui, en Allemagne, des manifestations récentes (à Berlin même !) demandent un retour au communisme, sous une autre forme il est vrai.

Certains pensent que la chute du mur a obligé les Allemands de l'est à passer d'une mentalité d'enfants assistés à une mentalité d'adultes responsables de leur vie, avec toutes les difficultés que cela implique. On peut aussi penser qu'ils ont troqué une certaine égalité des conditions sociales (qui existait pour une grande partie la population, la "Nomenclatura" communiste mise à part) contre la liberté. Comme tous les peuples, ils aspirent à avoir les deux à la fois (n'est-ce pas notre devise nationale, avec la fraternité en prime ?).

Le chemin est encore long avant que notre devise républicaine "Liberté, Égalité, Fraternité" ne devienne une réalité universelle.

jeudi 5 novembre 2009

Quand l'Europe défend la laïcité en Italie

La Cour européenne des Droits de l'Homme de Strasbourg vient de donner raison à une mère d'élève qui avait porté plainte en Italie contre la présence d'un crucifix dans la classe de son fils dans une école primaire publique.

Ce maintient des crucifix dans les classes des écoles publiques, largement répandu en Italie, est soutenu par le gouvernement qui la qualifie de tradition conforme à l'identité italienne. Le tribunal administratif  et le conseil d'état italiens ont suivi l'avis du gouvernement et débouté la plaignante. Néanmoins, la Cour européenne ne s'est pas laissé abuser par ces supposées traditions et s'est placé sur le plan des principes. Elle reconnait que le crucifix est un symbole religieux catholique explicite et que sa présence dans une école publique, donc ouverte aux enfants de toutes sensibilités religieuses ou athées, est une atteinte à leur liberté de conscience. En d'autres termes, elle ne respecte pas la neutralité de l'espace public.

Ainsi, au nom du droit à l'instruction et de la liberté de de pensée, de conscience et de religion inscrits dans la convention européenne, la Cour européenne défend tout simplement le principe que nous appelons en France laïcité.

Le gouvernement italien a décidé de faire appel. Espérons que la Cour européenne qui a décidé à l'unanimité en première instance restera ferme sur ses positions.

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